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Gabon : Ali Bongo revient sur son lien avec Oligui Nguéma et raconte sa surprise face au coup d’État
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Gabon : Ali Bongo revient sur son lien avec Oligui Nguéma et raconte sa surprise face au coup d’État

Depuis Londres, où il vit désormais avec sa famille, l'ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba est revenu sur les événements qui ont précipité la fin de son règne, le 30 août 2023. Dans un entretien accordé au média gabonais Infos241, il évoque notamment sa relation avec le général Brice Clotaire Oligui Nguéma, aujourd’hui à la tête du Gabon. Le renversement d’Ali Bongo avait été particulièrement spectaculaire. Quelques minutes après la proclamation de sa réélection pour un troisième mandat, des militaires annonçaient à la télévision l’annulation des résultats de l’élection et la dissolution des institutions. À leur tête figurait Brice Clotaire Oligui Nguéma, alors commandant de la Garde républicaine. Pour Ali Bongo, cette implication aurait été difficile à imaginer au regard de l’histoire qui le liait à l’officier. « J’avais confiance en lui et en son uniforme » Dans son entretien, l’ancien chef de l’État rappelle que Brice Clotaire Oligui Nguéma n’était pas un inconnu pour la famille Bongo. L’officier avait auparavant servi sous Omar Bongo Ondimba, avant de poursuivre sa carrière auprès de son fils. « Il a servi mon père avant moi, puis il m’a servi à mon tour. Naturellement, j’avais confiance en lui et en son uniforme », explique Ali Bongo. Cette déclaration résume à elle seule le paradoxe de la relation entre les deux hommes. Oligui Nguéma appartenait au cercle sécuritaire le plus proche du président déchu. Il était notamment chargé de la protection du chef de l’État et de son entourage. La surprise d’Ali Bongo semble donc avoir été à la hauteur de la confiance qu’il accordait à cet officier. Une confiance finalement brisée Avec le recul, l’ancien président reconnaît toutefois que les événements du 30 août 2023 pouvaient être considérés comme difficiles à prévoir. « Compte tenu de ses antécédents de service, qui n’aurait pas été surpris par les événements qui se sont déroulés ? », affirme-t-il. Ali Bongo refuse néanmoins de présenter cette rupture sur le seul terrain personnel. Il préfère laisser aux actes d’Oligui Nguéma et à l’histoire le soin de porter un jugement. « Je n’ai jamais été du genre à prendre les choses personnellement. Ses actes parlent d’eux-mêmes. L’histoire et le peuple gabonais les jugeront », poursuit-il. Une manière de prendre de la distance avec celui qui fut pourtant l’un des hommes chargés de sa sécurité. Du protecteur au tombeur du régime Le parcours d’Oligui Nguéma depuis le coup d’État constitue l’un des bouleversements majeurs de la vie politique gabonaise récente. Après avoir participé au renversement d’Ali Bongo, le général a pris la tête de la transition. Il a ensuite remporté l’élection présidentielle de 2025 et est devenu président de la République. Cette trajectoire donne aujourd’hui une résonance particulière aux propos d’Ali Bongo. Celui qui bénéficiait de sa confiance en raison de son uniforme est finalement devenu l’homme qui a contribué à mettre fin à près de six décennies de pouvoir de la famille Bongo au Gabon. Ali Bongo désormais loin du Gabon Après avoir été détenu à Libreville à la suite du coup d’État, Ali Bongo a finalement quitté le Gabon avec sa famille dans la nuit du 15 au 16 mai 2025. Il vit depuis à Londres, au Royaume-Uni. Son intervention dans Infos241 intervient donc dans un contexte où son ancienne fonction appartient désormais à l’histoire politique du Gabon. Ses propos ne constituent pas seulement un témoignage sur une relation personnelle. Ils illustrent également le profond bouleversement provoqué par le coup d’État de 2023 : en quelques heures, un président qui pensait pouvoir compter sur les hommes chargés de sa protection a été renversé par une partie de l’appareil militaire placé autour de lui. Deux ans après les événements, Ali Bongo semble avoir choisi de ne pas régler publiquement ses comptes avec son ancien collaborateur. Il laisse plutôt le temps, les actes et le peuple gabonais trancher. Et cette phrase — « J’avais confiance en lui et en son uniforme » — restera sans doute comme l’une des formules les plus révélatrices de la relation entre les deux hommes.nonlusif

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Le président du Gabon Brice Clotaire Oligui Nguema s’est rendu lundi dans deux lycées publics de la capitale Libreville, soucieux d’accélérer la reprise des cours alors qu’une grève paralyse le système éducatif depuis plus d’un mois. La dernière grève des enseignants dans ce pays d’Afrique centrale de 2,5 millions d’habitants avait eu lieu en 2022, à la fin de l’ère Ali Bongo, renversé par le coup d’Etat du général Oligui Nguema en août 2023.« Moi-même fils d’enseignant, je connais vos réalités. Je prends vos problèmes à bras-le-corps et je m’engage à les résoudre méthodiquement et progressivement », a déclaré M. Oligui Nguema lors de sa visite lundi, selon des propositions rapportées par les médias gabonais.Venu assister à la traditionnelle levée des drapeaux qui précède le début des cours au lycée Omar Bongo puis au lycée Léon Mba, le président s’est exprimé devant un parterre d’élèves et d’enseignants, tandis que de nombreuses classes des autres établissements publics de Libreville demeuraient vides lundi, selon plusieurs sources qui ont tenu à conserver l’anonymat.Des professeurs grévistes font par ailleurs l’objet de pressions de la part du ministère de l’Éducation nationale pour suspendre la grève, a indiqué à l’AFP un professeur sous le couvert de l’anonymat. Des notes de la direction de l’établissement affichées au lycée Léon Mba attestent de pressions exercées sur les enseignants et les élèves pour une reprise des cours, ont constaté un journaliste de l’AFP.« Un contrôle de présence des enseignants et des élèves sera effectué », pouvait-on lire sur une affiche datée du 1er février, afin d’assurer une « reprise effective des cours ».En janvier, l’arrestation de deux figures du mouvement syndical et membres du collectif SOS Education, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, avait provoqué l’ire des enseignants. Ils avaient été libérés une semaine plus tard.Les enseignants gabonais, qui s’estiment « précarisés » en raison de salaires gelés depuis dix ans, se sont regroupés début décembre au sein d’un collectif, SOS Education, et ont initié un mouvement de grève qui a rapidement essaimé dans le pays, avait expliqué à l’AFP fin janvier l’un de ses membres, Junior Anguila Obame, professeur de français à Libreville.Leurs salaires – 350.000 francs CFA par mois, soit 530 euros, pour un instituteur en début de carrière ne suffisent plus à faire face au coût de la vie élevé au Gabon, où l’inflation a été en moyenne de 2,6% par an entre 2016 et 2024.Selon un accord signé avec les syndicats le 19 janvier, le gouvernement gabonais s’engage à « régulariser » les situations de 4.000 enseignants d’ici le 25 février, alors que le pays compte au moins 16.000 selon le Syndicat national de l’éducation nationale (SENA). Les membres du collectif SOS Education, jugeant ces annonces insuffisantes, ont décidé de prolonger la grève.© Avec l’Agence France-Presseexclusif

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